Vive la Crise : 1973 - 1999 


Jamais dans l'histoire, nous n'avons été aussi riches. Et la "crise" a vu notre niveau de vie s'accroître dans des proportions gigantesques. 


Indicateur de niveau de vie  1973 (ou date indiquée)  1999 (ou date indiquée)  Précisions 
Espérance de vie à la naissance   hommes : 68 ans  

femmes : 74 ans  

hommes : 74 ans  

femmes : 81 ans  

Voir les statistiques du Service fédéral d'informationVoir aussi extrapolations à partir de "L'encyclopédie de la Santé" n° 51 in Le Soir, février 1997.  De Standaard, 28 maart 1997 mentionne en Flandre 74.6 pour les hommes et 80.8 pour les femmes. 
Mortalité infantile   17.7/1000   7.75/ 100   1973-1990.  INS + "L'encyclopédie de la Santé" n° 51 in Le Soir, février 1997.  En Flandre, en 1995, le taux est de 7.3 pour les garçons et de 4.4 pour les filles, voir De Standaard, 28 maart 1997.
Pourcentage de ménages propriétaires de leur logement   54 %   77 %   1973 : INS; 1995-1996 : courrier hebdomadaire du CRISP, nos 1574-1575, 1997, p.44.  En 1989 : 68 % selon Eurobaromètre cité par le Service fédéral d'information
Nombre de personnes par logement   2,94 pers.   1,8 à 2,2 pers 1970-approximation.  La diminution s'explique notamment par la diminution de la natalité et la multiplication des familles monoparentales mais aussi par l'augmentation du bien-être. Le pourcentage ménages composés d'une femme ou d'un homme isolé est passé de 18.8 % à 50 % en 1997 (28.4 % en 1980).  Voir la page à ce sujet du Service fédéral d'information et  De Standaard, vers décembre 1997.
Logement avec salle de bains ou douches   49 %   87 %   1970-1991.  En 1980 : 76 %.
Logements ayant l'eau courante   89,8 %   99 %  1970-1991.  En 1980 : 98 %. 
Nombre de voitures   2.613.000   4.300.000  1997 : approximation (1990 : 3.870.000).En Grande-Bretagne, le pourcentage de ménages disposant 'une voiture est passé de 51,2 % à 69,0 % de 1971 à 1994, source Office for national statistics.  De 1990 à 1996, le nombre de voitures par 1.000 habitants est passé de 387 à 427 : source : Service fédéral d'information
Nombre de voyages en avion   3.000.000   13.700.000  Nombre de passagers à Zaventem (1973 : approximation, 1987 : 6.200.000).  En 1995, source Knack, 23 avril 1997.  Le nombre de passagers a été de plus de 16.000.000 en 1996.
Nombre de téléphones   2.483.000   7.000.000   1976-approximation pour 1999.  En Grande-Bretagne, le pourcentage de ménages disposant du téléphone est passé de 37,8 % à 91,1 % de 1971 à 1994, source Office for national statistics. De 1990 à 1996, le nombre d'abonnés au téléphone par 1.000 habitants est passé de 392 à 465 : source : Service fédéral d'information
Part du budget du ménage consacré à l'alimentation  

    23,4 %

16,5%  1973 à 1995-1996 (1978:21,1%, 1987 : 18,1 %). Source : courrier hebdomadaire du CRISP, n°s 1574-1575, 1997, p.10.  Voir aussi, Vif-L'expres, 1er avril 1994, page 36, Le soir, février 1997 (vers le 10). La part du budget consacrée à l'alimentation est d'autant moins importante que le niveau de vie est élevé
Part du budget du ménage consacré aux loisirs   4,7%   9,6%   1970-1992. Vif-L'expres, 1er avril 1994, page 36. Pour 1995-1996, le courrier hebdomadaire du CRISP, nos 1574-1575, 1997, p.55 mentionne 18 % mais ce pourcentage est calculé sur d'autres bases que les autres pourcentages mentionnés. De 1990 à 1994, la consommation des ménages pour les loisirs a augmenté de 24 % alors que celle pour la nourriture n'a augmenté que de 5 %.  Voir la page à ce sujet du Service fédéral d'information.  La part du budget consacré aux loisirs est d'autant plus importante que le niveau de vie est élevé.
Nombre d'étudiants universitaires   50.000   100.000   Approximation.  Nombre d'étudiants en Flandre 1990 : 56.627; 1995 : 66.686.  In Knack, 2 april 1997, page 73. 

Mais alors, où est passée la crise ??? 


La croyance en la crise est, à mon avis, due notamment aux 5 raisons suivantes :
  • Si tous les indicateurs classiques de bien-être sont au vert, il est un indicateur qui est de moins en moins beau, c'est bien évidemment le niveau de chômage.  Ceci engendre un sentiment aigu d'insécurité d'emploi qui se concilie peu avec le plaisir du bien-être matériel.
  • Les années 60 (les "Golden sixties") mais aussi les années d'après-guerre ont connu une accélération encore plus extraordinaire de niveau de vie que les années 80 et 90.  Des tickets de rationnement de la fin des années 40 à la télévision dans tous les ménages, il y avait une marge plus grande que pour le passage d'une voiture par famille en 1973 (enfin un peu moins) à une voiture par actif en 1997 (enfin un peu plus).  Il semble que le citoyen moyen ne se soit jamais habitué au "ralentissement de l'accélération".
  • Le bien-être n'est pas le bonheur.  Un des paradoxes de la société de consommation est que les taux de suicide et de "mal-être" sont plus élevés dans les pays les plus riches (par exemple les pays scandinaves ou à l'Est, avant la chute du mur, la Hongrie qui était pourtant "la plus belle baraque du camp socialiste").  Attention, cette constatation appelle des nuances nombreuses dont celle que le taux de suicide varie notamment en fonction de l'acceptation sociale de ce fait.  En effet, auparavant, les suicides étaient probablement plus souvent non répertoriés comme tels qu'aujourd'hui.
  • La croyance aux "Good old days" a peut-être été inventée en même temps que la mémoire collective.  En tout cas, cela fait plusieurs milliers d'années que les personnes âgées regrettent le temps béni de leur jeunesse.  Pour les personnes qui ont aujourd'hui 60 ou 70 ans, il faut tout de même une dose de nostalgie considérable pour regretter les tickets de rationnement, la seconde guerre mondiale et le temps où on mourrait à 60 ans.
  • Et puis, il y a la raison la plus inavouable.  Pour faire pleurer son patron / son contrôleur des contributions / son voisin, il est plus efficace de dire "Je gagne de moins en moins" que de dire "Je voudrais gagner encore plus".  De temps en temps d'ailleurs, l'auditeur attentif entendra la phrase "Cela va de plus en plus mal" couplée à la phrase "Et si ça continue on va revenir 10 ans en arrière".  Prouvant quand même que la croyance en la crise n'est pas 100 % exacte. 

Quelques fausse preuves de la crise Si demain, nous revenions à la situation "d'avant la crise", l'espérance de vie dégringolerait de 5 ans, la mortalité infantile serait multiplié par 3, 1 million de belges se retrouveraient sans maison et des millions perdraient leur voiture et leur téléphone.  Mais certains croient quand même pouvoir prouver qu'il y a crise.

     

    Indicateur de crise  1973 (ou date indiquée)  1997 (ou date indiquée)  Pourquoi ce n'est pas la crise 
    Dépenses des adultes de 18 à 25 ans  Pourcentage plus élevé  Pourcentage moins élevé  Les dépenses moindres des jeunes s'expliquent par l'allongement des périodes d'études 
    Pourcentage de décès par suicides  Pourcentage plus élevé  Pourcentage moins élevé  Le taux de suicides est -malheureusement- plus élevé dans les pays les plus riches. 
    Pourcentage de Belges se déclarant très satisfaits de leur vie 39 % (1973 - 1981) 24 % (1982-1990) Le bien-être matériel n'est pas le bien-être tout court.  Il faut cependant noter que l'évolution sur la même période est inverse dans la plupart des Etats européens (amélioration de la satisfaction).  Source De Standaard, 17-18 januari 1998, p. 25.
    Pourcentage de décès par cancer  Pourcentage plus élevé  Pourcentage moins élevé  Dans les pays les plus riches, les décès évitables deviennent moins nombreux.  Par conséquent, les décès actuellement inévitables (ou souvent inévitables) deviennent plus nombreux. 

     


Last modified : 1999 : April 04.


 

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